Maintenant revenons à l’intrigue de la “pièce”

Félix Kersten et Norbert Masur sont arrivés, par avion, dans l’après-midi de Stockholm. Une voiture officielle du Reich les convoie avec difficultés dans les ruines de Berlin bombardé. Les contrôles ne posent pas de problèmes grâce aux sauf-conduits. Ils arrivent en début de soirée à Hartzwalde. Elisabeth a préparé le salon de réception boissons et gâteaux. Et l’attente commence. Félix admire pour la dernière fois les objets d’art, les tableaux, les meubles précieux qu’il n’a pas pu expédier dans sa nouvelle demeure suédoise où sa femmes et ses enfants l’attendent. En effet, dès demain il doit partir et tout abandonner au forces rouges qui approchent. 

L’invité est en retard, deux heures d’attente interminables font monter l’angoisse. Enfin le crissement des pneus d’une voiture sur le gravier se fait entendre. Félix se précipite sur le perron pour voir descendre, revêtu de son plus bel uniforme et couvert de médailles

"La vedette de la pièce"

Einrich Himmler

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Accompagné de Rudolf Brandt et de Walter Shellenberg.

 

C’est l’anniversaire du Führer qui les a attardés. A une dizaine de jours de la chute finale on a encore le culte des cérémonies et toujours la crainte, ou l’adoration du "Grand homme". Dernière messe noire.

Comment le chef suprême de la SS le gourou de la solution finale, le purificateur de la race, le chantre des légendes germanique, le numéro deux du régime, se retrouve dans cette demeure accompagné de deux de ses adjoints, en présence d’un juif et d’un masseur.

Pour comprendre cela il faut se transporter dans le temps, en fin d’année 1938.

Un patient du docteur Kersten, August Diehn, ami de August Rosterg le roi de la potasse, vient de faire à Félix une proposition inimaginable. Soigner Himmler qui souffre de douleurs abdominales. La première réaction de Kersten est de refuser, il ne veut rien à voir avec "Ces gens là". Diehn qui ne veut pas voir l’industrie de la potasse être nationalisée, finit par convaincre Félix que le bien-être apporté à Himmler pourrait l’influencer en leur faveur.

Le pied est mis à l’étrier et rien dans la vie de l’homme heureux, Félix Kersten, ne sera plus comme avant.

NOUS ALLONS SUIVRE LA VIE DE FÉLIX DANS L’ANTRE DU DÉMON (Au prochain billet)