Imaginez vous vivre enchaîné 24 heures sur 24, 365 jours par an à cinq personnes dans un espace d'a peu près 1,25 mètre par 2,30 mètres, pour y dormir, manger, et accessoirement ramer. Il va sans dire que les besoins naturels se font dans ce même espace. Les narines de l'époque sont habituées aux puissantes effluves."Manguen et caguen tout ensen"

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De plus il faut y loger ses vêtements, quelques accessoires, dont le nécessaire à la fabrication des objets manufactures, chaussettes et autres.
Pour dormir quelques planchettes de récupération pour aplanir le sol, et on s'enroule comme on peut dans son capot.
Si ramer devient une "distraction" ce n'est cependant pas une sinécure.

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Mais avant de vous faire vivre les conditions de la chiourme en période de navigation, penchons nous sur la mise en condition de la galère.
C'est courant mars-avril que commencent les préparatifs.
C'est à fond de cale que débute le remue ménage. D'abord la "saure" de petites pierres rondes servant de lest sont évacuées à bras d'hommes dans des paniers jusqu'au quai où elles sont brossées "pour les rendre nets comme des perles"?
Pendant ce temps le maître de construction diagnostique le navire bon pour naviguer, ou bon pour être dépecé.
Toutes écoutilles fermées la galère est basculée pour laisser apparaître la carène hors de l'eau, on la décape, on enlève le suif qui la recouvre, on refait le calfatage, puis on remet une couche de suif "l'espalmage".
Il ne reste plus qu'à remettre le lest ( tout propres ) plus 300 boulets de lestage et 200 boulets d'artillerie, soit environ une trentaine de tonnes.

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Et on commence à arborer, à dresser les deux mâts, arbre principal et trinquet, puis le gréement.
" IL N'Y A D'ESPACE AU MONDE OÙ LE LIEU DOIVE ESTRE PLUS MESURÉ"
En effet, comment imaginer dans un espace de 45 mètres par 9 et une hauteur de 2,3 mètres on puisse emporter tant d'hommes et de matériel.
450 hommes, maistrance, équipage, soldats et chiourme, soit moins d'un mètre carré par individu.
A caser également les 25 000 litres d'eau, nécessaires à la cuisine et surtout à la chiourme qui doit s'hydrater abondamment pendant la vogue. La quantité suffit à peine pour une semaine. D'où la nécessité de faire souvent ayguade (approvisionnement en eau).
Des animaux, poules moutons et pigeons, sont également embarqués ainsi que le bois à brûler.

La poudre, quand à elle, est embarquée hors du port, pour éviter là propagation d'explosions et d'incendie aux autres navires.
NOTA: les indications précédentes sont valables pour une galère ordinaire, pour la Réale et les commandantes, plus grandes les quantités sont en proportion.