L'ARGENT ET LA BASTONNADE.

Avec la violence, la corruption constitue le principal moteur de la bonne marche de ce milieu pénal.
Du capitaine jusqu'au dernier des argousins, chacun prélevé son dû sur son inférieur, le tout se répercutant sur le malheureux forçat.
Les détenus qui peuvent "graisser la patte" sont épargnés et peuvent obtenir des faveurs, quand aux autres, la bastonnade n'est pas loin.
Parlons de cette fameuse bastonnade.
Il y a bastonnade et bastonnade. 
Celle infligée par les sous-comités pour augmenter la "productivité" du forçat (travail et vogue)
Et celle du châtiment pour mauvaise conduite ordonnée par le capitaine.
Il s'agit d'un supplice codifié. Le supplicié, torse nu est plaqué sur la ventre en travers du coursier*, maintenu au jambes et aux bras par quatre détenus. C'est à un turc qu'incombe la charge d'infliger le supplice avec une forte corde. Afin de ne pas être trop "tendre" dans ses coups ce turc est lui même menacé de flagellation par un comité.
* coursier: long et étroit caisson, seul passage qui allait de proue à poupe, coupée médiane entre les bancs de la chiourme.

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Le supplicié peut supporter dix à douze coups avant de perdre connaissance, mais pour une peccadille le minimum est de vingt à trente coups. Certains condamnés se voient infliger cinquante coups et très peu en réchappent.
Le malheureux survivant est soigné par le chirurgien qui lui badigeonne le dos avec un fort vinaigre sensé le ranimer et éviter la gangrène.
D'autres supplices complètent les possibilités de châtiment, suspension plusieurs heures aux antennes*du mât, ablation des oreilles, double chaîne, menottes, l'imagination dans l'horreur ne manque pas.
*antenne: longues vergues qui supportaient les voiles.
Pour les crimes graves, coup de couteau, faux monnayage, blasphème, c'est la peine de mort par pendaison et parfois écartèlement par quatre galères.
Il va sans dire que sous une telle répression, révoltes et mutineries sont pratiquement inexistantes.

A SUIVRE: ET MAITENANT, PARLONS GALERES.